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Le Pilates: un sport de femmes ?

Le Pilates: un sport de femmes ?

Malgré le fait que ce sont principalement les femmes qui se sont ruées sur les cours de Pilates après avoir appris que les Madonna et autres Gwyneth Paltrow ne juraient que par ça, il ne faut pas oublier un fait certain, à la base même du Pilates: la méthode fût créée par un homme, Joseph Pilates, boxer et gymnaste, compétiteur, qui aimait boire de la bière et fumer le cigare et qui vécut jusqu’à 84 ans; un homme qui était suffisamment habile pour transformer des lits d’hôpitaux en machines d’exercices, un homme audacieux qui sût transformer sa cellule de prison en un lieu de réhabilitation physique.

On pourrait donc facilement penser qu’un homme mi-McGyver, mi-Marcel Cerdan ferait labéliser sa discipline en tant que discipline “de mec”, mais non.

La presse en a voulu autrement et nous, communs des mortels, on a cette fâcheuse tendance a suivre, à “moutonner”. Femme Actuelle, Marie-Claire ou Sophie Davant nous disent “gym douce principalement pour les femmes” et nous nous formatons sans réfléchir à ce que l’on nous impose.

J’ai eu la chance de vivre sur deux continents et du coup de découvrir l’évolution de cette méthode sous deux aspect distincts.

Aux États-Unis, il y a 15 ans, des athlètes
de haut niveau comme Tyson ou Federer se sont mis au Pilates, découvrant qu’ils pouvaient, grâce à cette méthode intelligente d’exercice, améliorer leurs performances de manière significative. Au vu de l’amélioration de leurs performances, et suite aux louanges de ces précurseurs quant au bien fondé de la méthode Pilates, d’autres athlètes ont suivi ce mouvement: athlètes du football américain (comme les 49ers de San Francisco), certains joueurs de la NFL ou encore Vénus Williams.

Ensuite ce sont des grandes stars d’Hollywood comme Tom Cruise qui ont annoncé qu’ils étaient des aficionados et qu’ils ne pourraient pas se passer de leurs cours de Pilates pour se préparer au mieux aux exigences physiques de leurs films et de leurs cascades.

Et c’est ainsi que nous avons pû, être témoins de l’effet ricochet de ces affirmations.

De là, bien sûr, des magazines tels que Men’s Health ou Men’s Fitness se sont emparés de la nouvelle pour en faire leurs chou blanc.

Le résultat pour nous instructeurs à ce moment là ? Je vous laisse imaginer…

De fait, en 2006, je constate que la démographie de ma clientèle change et j’arrive à près de 50% de celle-ci représentée par des hommes.

Leurs objectifs ? Variés.  Souvent similaires à celui des femmes mais sans se l’avouer:

  • une meilleure tonicité
  • changer leur silhouette
  • se sentir mieux dans leurs corps
  • améliorer leur posture

Et puis il y a ce que l’on appelle les “weekends warriors”; ces “guerriers du weekend” qui sont des gens qui ont souvent un boulot prenant toute la semaine et se donnent à fond dans leurs activités sportives le weekend.

Pour ceux-là la demande est commune à leurs pairs mais ils n’hésitent pas à rajouter des objectifs tels que:

  • avoir des tablettes de chocolat
  • retrouver un meilleur équilibre
  • gagner en flexibilité

et le grand gagnant…

  • améliorer leurs performances sexuelles

Parce que oui, le Pilates, c’est tout ça, et ils l’ont bien compris.

En France, malheureusement toujours 15 à 20 ans à la traîne, on en est encore à découvrir le Pilates, cette “gymnastique douce” comme s’il s’agissait d’une “nouvelle mode”. Je vous rappelle quand même qu’elle a été créée dans les années 1920.

Et là je me dis qu’heureusement que ce ne n’est pas le Pèlerin ou Notre Temps qui s’y est intéressé de trop près ou nous aurions vite été catalogués comme méthode de mouvement pour les maisons de retraite.

Entendez-moi bien: je suis à 150% favorable à l’introduction de la méthode dans les maisons de retraite et je serais même prêt à y consacrer du temps.

En effet, le Pilates permet aux séniors de travailler leur équilibre et prévenir les chutes, les amène à travailler leur coordination mais également les stimule dans une unité corps-esprit en plus de les aider à vivre un corps peut être moins endolori et à redevenir fonctionnels dans leurs mouvements de tous les jours.

À chaque occasion que j’ai pû avoir, où des hommes m’ont dit: “c’est un truc de gonzesse”, je leur ai offert une séance gratuite pour venir essayer. Et dans le lot, les moins obtus se sont prêté au jeu et n’en sont pas revenu de l’intensité du travail proposé.

Parce que c’est ça le Pilates. Un bon enseignant est capable de prendre en compte la dame de 91 ans (ma cliente la plus âgée), menacée par les chirurgiens d’un remplacement de hanche, et l’aider à revenir à un mouvement fonctionnel (5 ans et toujours pas d’opération), mais est également à la hauteur pour accueillir un athlète de haut niveau qui souhaite améliorer ses performances ou encore le ou la sportive qui a une réelle envie de se dépenser de manière intelligente.

Faire du Pilates,  c’est apprendre à bouger intelligemment. Se plonger dans la méthode, c’est réaliser que le corps humain est fait de synergies, d’engendrements et d’oppositions et que l’harmonisation de l’ensemble nous permet d’acquérir une véritable intégrité, un équilibre physique – voire même émotionnel et psychique.

C’est donc fort d’une expérience d’une quinzaine d’année que je voudrais dire à tous ceux et celles qui seraient tentés de mettre un label sur la méthode Pilates: “Attendez un peu. Essayez la méthode, vivez-la, intégrez-la dans votre corps. Ce n’est peut être pas vraiment ce que vous croyez en percevoir mais c’est bien plus”.

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